Réforme de la retraite : Jean-Paul Delevoye et Agnès Buzyn se contredisent sur le report de l’âge légal de départ

Le haut-commissaire chargé de la réforme des retraites a assuré que l’âge légal devait « rester fixé à 62 ans ». Alors que la ministre de la santé a affirmé que le sujet était « en discussion ».

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 10h32, mis à jour à 10h32

Temps de Lecture 2 min.

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, et le haut-commissaire chargé de la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye.

L’âge légal de départ à la retraite va-t-il être repoussé par le gouvernement ? La confusion règne toujours, jeudi 21 mars, alors que les déclarations sur le sujet se multiplient et se contredisent.

Pour Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire chargé de la réforme des retraites, celui-ci doit « rester fixé à 62 ans ». Ce maintien a été « confirmé, tant part le premier ministre [Edouard Philippe] que par la ministre de la santé [Agnès Buzyn] » et « le contrat que nous avons engagé avec les partenaires sociaux ne change pas d’un iota », a-t-il lancé jeudi matin sur France Inter.

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Or au même moment sur BFM-TV, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a affirmé que « l’âge, évidemment, est en discussion » à l’occasion de cette réforme, « notamment lorsqu’on est en pleine capacité, qu’on est en bonne santé et que l’on sait qu’on va passer vingt, vingt-cinq, trente ans à la retraite ».

Pourtant mardi, Mme Buzyn avait annoncé à l’Assemblée nationale : « Aucune modification de l’âge minimal de départ à la retraite n’est envisagée, ni sur la table des négociations que pilote le haut-commissaire à la réforme des retraites », M. Delevoye. Une position confirmée alors par le premier ministre, Edouard Philippe : « Dans le cadre de cette réforme, il n’est pas question de modifier l’âge de départ à la retraite. »

Mais ce débat sur le report de l’âge légal est revenu dimanche après des déclarations de Mme Buzyn, qui a expliqué sur RTL ne « pas » être « hostile » à l’idée de retarder l’âge de départ en retraite, n’excluant pas de « proposer un allongement de la durée de travail ». Une position approuvée alors par le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, qui a salué une « proposition très courageuse » qui « s’étudie et se regarde ». Mais qui a accentué le flou gouvernemental sur le sujet.

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Le Medef favorable à un report ; la CFDT, la CGT et FO contre

De son côté, le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Geoffroy Roux de Bézieux, a estimé jeudi qu’il fallait « se poser la question » d’un report de l’âge de départ à la retraite. « L’espérance de vie continue à progresser, donc on a le choix entre deux solutions : soit on ne touche rien et on va être obligés de baisser les pensions, soit on se pose la question », a assuré M. Roux de Bézieux sur Europe 1.

« Donc je pense qu’il faut se la poser. Mme Buzyn, elle a été très courageuse », a poursuivi le responsable de la principale organisation patronale, en estimant que l’allongement du temps de travail n’était cependant « pas la seule question à se poser ».

Plus tôt dans la semaine, alors que le débat avait été lancé par Mme Buzyn dès dimanche sur RTL, le secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), Laurent Berger, a estimé que « cette mesure est la plus injuste en la matière et l’équilibre du système ne nous y oblige pas ». « Ces gens sont en dehors de la réalité », a dénoncé Philippe Martinez, le numéro un de la Confédération générale du travail (CGT). Son homologue de Force ouvrière (FO), Yves Veyrier, a jugé qu’il s’agissait d’« une ligne rouge ».

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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